Document Final de la 6ème Conférence Africaine sur la Santé et les Droits Sexuels Organisée à Yaoundé, Cameroun, 05 au 07 Février 2014

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Eradication des vulnérabilités des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et de reproduction en Afrique

 La Fédération Africaine de la Santé et des Droits Sexuels en collaboration avec de divers partenaires y compris la jeunesse, a convoqué la 6ème Conférence Africaine sur la Santé et les Droits Sexuels du 05 au 07 Février 2014 sous le thème : ‘Eradication des vulnérabilités des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et de reproduction en Afrique’.

La Conférence a entre autres :

Reconnu les progrès notables réalisés sur le continent dans certains domaines sensibles ;

Apprécié le rôle fondamental joué par les dirigeants à l’échelle nationale et continentale dans l’accompagnement de l’obtention de résultats positifs et concrets sur le continent ;

Noté le caractère constamment important des engagements majeurs pris à l’échelle nationale et continentale dans le but de promouvoir la santé et les droits sexuels et de reproduction en particulier sur le continent Africain. Il s’agit des engagements tels que :

1-      Le Plan d’Action de la CIPD (1994) et la CIPD au-delà de 2014

2-      Les Objectifs du Millénaire pour le Développement

3-      Les Engagements d’Abuja (2001, 2005, 2013)

4-      Le Cadre Continental sur la Santé et les Droits Sexuels et de Reproduction et le Plan d’Action connexe de Maputo (2006)

5-      La Déclaration de Kampala sur les Initiatives de Santé Maternelle et Infantile (2010)

La Conférence a également :

Souligné les multiples tenants de la fragilité systémique et institutionnelle dont entre autres les défis économiques et les barrières socioculturelles et religieuses qui continuent d’exacerber les vulnérabilités des femmes et des filles en matière de santé sexuelle et de reproduction ;

Identifié les problèmes cruciaux de Santé et de Droits Sexuels et de Reproduction ayant cours sur le continent, dont notamment la violence faite aux femmes, le mariage des filles, les avortements à risque et les besoins non satisfaits en matière de fourniture des services de planification familiale, y compris le faible accès des adolescentes en particulier aux informations et services SRHR ;

Reconnu que les objectifs définis en matière de santé sexuelle et de reproduction ne peuvent pas être réalisés d’une part sans répondre aux besoins spécifiques et garantir le respect des droits humains en général de tous les individus et en particulier des divers groupes tels que les jeunes, les personnes vulnérables et les couches défavorisées de la société ; et d’autre part sans faire face aux défis particuliers des personnes handicapées ;

Noté que les initiatives de dialogue politique en cours telles que la Vision 2063 de l’UA, la CIPD au-delà de 2014 et l’Agenda OMD post 2015 offrent une occasion unique de ressortir les questions cruciales liées à la SRHR, d’échanger avec des partenaires variés en particulier les jeunes et les principales communautés cibles et de faciliter la prise d’engagement par rapport aux objectifs stratégiques ;

Accentué les rapports stratégiques entre l’accès universel à la SRHR, le respect des droits de santé sexuelle et de reproduction et la réalisation de l’agenda de développement de l’Afrique ;

La Conférence recommande aux Gouvernements des Etats-Africains de :

a)      Réviser la législation nationale afin d’y supprimer les dispositions de nature discriminatoire et/ou d’y éliminer les vulnérabilités auxquelles sont confrontées les diverses couches sociales en particulier les femmes et les filles ;

b)      Garantir la dotation en ressources et la mise en œuvre adéquates des programmes visant à promouvoir la santé et les droits sexuels et de reproduction de toutes les couches sociales et notamment des principaux groupes cibles tels que les personnes handicapés ;

c)       Multiplier les actions en vue de l’éradication des pratiques néfastes en particulier le mariage des filles, la mutilation génitale des femmes et toute forme de violence et de discrimination à l’égard des femmes et des filles ;

d)      Améliorer l’accès des jeunes à une éducation sexuelle globale et aux services de santé sexuelle et de reproduction adaptés à la jeunesse, y compris la contraception ;

e)      Appuyer la définition et l’incorporation d’objectifs concrets en matière de SRHR, y compris des objectifs de développement de la jeunesse aux cadres continentaux et à l’agenda 2015 de développement ;

f)       Intégrer les services SSR et VIH afin d’améliorer la qualité des soins de santé, de supprimer les barrières à l’accès et de lutter contre la discrimination et la stigmatisation des personnes porteuses du VIH-SIDA ;

g)      Adopter de nouveaux programmes permettant de repositionner la planification familiale comme une ligne d’action visant à améliorer les statuts des pays en matière de santé sexuelle et de reproduction ;

h)      Appliquer des régimes efficaces de protection sociale capables d’atténuer les facteurs socioéconomiques qui contribuent à exacerber les vulnérabilités des pauvres ;

Les communautés et en particulier les parents, les chefs traditionnels et les leaders religieux doivent :

a)      Reconnaitre les avantages liés à la promotion de la SRHR pour le bien-être entier et le développement socioéconomique global de la communauté ;

b)      Combattre avec fermeté les pratiques socioculturelles suicidaires des droits de santé sexuelle et de reproduction des diverses couches sociales dont notamment les filles et les jeunes femmes marginalisées ou stigmatisées ;

c)       Appuyer la fourniture des services et des informations sur la sexualité à toutes les couches sociales afin de les doter des capacités devant leur permettre de facilement effectuer des choix éclairés ;

d)      Promouvoir l’implication masculine et faciliter la culture d’une masculinité positive au sein des garçons et des hommes afin de permettre la prise spontanée d’actions visant à éradiquer les vulnérabilités, à améliorer le statut des femmes et des filles et à réaliser l’objectif d’accès à la santé sexuelle et de reproduction pour tous ;

Les partenaires au développement et les organisations de la société civile doivent :

a)      Faciliter l’instauration des mécanismes et des systèmes de promotion de suivi de l’ensemble des acteurs dans l’exercice de leurs fonctions relatives à la SRHR ;

b)      Identifier et étudier les sources de résistance potentielle afin de promouvoir les réformes législatives et politiques propices à la SRHR et permettant d’éradiquer toute forme de discrimination ;

c)       Appuyer le renforcement des capacités institutionnelles en vue de la mise en œuvre efficace des programmes et fournir des services intégrés à toutes les couches sociales ;

d)      Promouvoir la participation effective et sans discrimination des communautés aux prises de décision et aux initiatives de dialogue politique relatives à la SRHR ;

La Fédération Africaine de la Santé et des Droits Sexuels en collaboration avec le cercle élargi des partenaires et des acteurs s’engagent à exploiter toutes les plateformes crédibles y compris les organes de l’Union Africaine afin de plaider pour la mise en œuvre des présentes recommandations.

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