Conclusion du mois international pour femmes

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(par Fatimata Dème, Directrice Exécutive du Forum des Parlementaires Africains et Arabes pour la Population et le Développement (FAAPPD), Membre du Réseau des Femmes Leaders d’Afrique pour la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (AWLN) et Présidente du Réseau des  Femmes Sénégalaises pour la Promotion de la Planification Familiale (RFESPF)

Les femmes constituent la majorité de la population dans la plupart des pays africains,
généralement plus de 51%. Elles sont le pilier de la cellule familiale en assurant la gestion quotidienne
de la famille. Elles jouent un rôle prépondérant dans le développement socio-économique de nos
nations, en tant qu’actrices incontournables. Selon de récentes estimations, « les femmes africaines
constituent près de 70 pour cent de la force agricole du continent et produisent environ 90 pour cent de
toutes les denrées alimentaires ».

Depuis la Conférence Internationale sur Population et Développement de 1994, la Conférence
de Beijing en septembre 1995, des initiatives visant Le renforcement du pouvoir de la femme se sont
multipliées. Les gouvernements ont pris des engagements importants pour la promotion de la femme à
travers les OMDs dont l’un porte sur l’égalité et l’équité des genres.

En Afrique, malgré le pouvoir de décision encore très limité de la femme, en raison de
pesanteurs socio-culturelles et religieuses, les femmes ont su s’assumer et affirmer leur leadership
dans divers secteurs, tels que l’Education, la Santé, l’Agriculture, l’Environnement, la Microentreprise,
l’Industrie, le Commerce, etc. Elles ont pu atteindre les sommets de la pyramide de
l’emploi au niveau national, régional et international, dans diverses organisations internationales, le
système des Nations Unies, etc. Elles ont réussi, par leur dynamisme et leur engagement, à s’investir,
à travers des structures bien organisées, dans la prise en charge des questions de population et
développement, comme la lutte contre la pauvreté, la santé de la reproduction et la planification
familiale, les questions de genre, la lutte contre le VIH/SIDA.

Du point de vue de l’éducation, les filles ont pu accéder à des études supérieures et embrasser

les carrières scientifiques, même si les taux enregistrés sont encore insuffisants.

PROCESSUS/EVENEMENT/REALISATION DANS LA LUTTE POUR L’EGALITE DES
FEMMES

La Commission des Nations Unies sur le Statut de la Femme (CSW) constitue une plateforme

mondiale d’échanges d’idées et d’expériences sur toutes les questions relatives à la femme, à son statut

économique et social, à son environnement, une plateforme mondiale de recherche de solutions et
d’alternatives pour l’émergence de femmes libres et responsables, autonomes, capables de décider
librement et de prendre leurs destin en main, pour l’émergence de femmes leaders pouvant porter le
plaidoyer dans les plus hautes instances de décision.

La Journée internationale de la femme, initiée depuis 1911, honore la mère de l’humanité et
célèbre les réalisations sociales, politiques et économiques en faveur de celle-ci. Cette journée remplie
de symboles, constitue en elle-même une success story. Chaque année, des thèmes aussi variés sur la
condition féminine, les droits de la femme sont développés à travers le monde.
Au Sénégal, la LOI n° 2010-11 du 28 mai 2010, instituant la parité absolue Homme-Femme
dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives, constitue une avancée considérable
dans l’accès des femmes aux instances et processus de décision. Cette disposition législative vient
ainsi renforcer le pouvoir de la femme et son statut politique et socio-économique. Une forte
mobilisation des femmes, surtout de la société civile, a contribué à faire aboutir ce processus.

Cette loi permettra sans nul doute l’émergence de femmes leaders au Sénégal, d’une « véritable
citoyenneté féminine » pour un Sénégal émergent qui devra inspirer les autres pays africains dans cette
démarche démocratique de bonne gouvernance en faveur des femmes.

« INSPIRER LE CHANGEMENT »

Le thème de cette année « inspirer le changement » nous interpelle tous. En tant que membre de
AWLN, nos actions devront tendre à susciter un changement de comportements pour la promotion de
la femme à travers l’amélioration de la santé de la reproduction et l’utilisation de la planification
familiale à la fois comme concept de santé et de développement économique et social. Au niveau des
décideurs, cela devra se traduire par l’élaboration et la mise en oeuvre de programmes de santé et de
développement cohérents et adaptés, l’allocation de ressources conséquentes à ces programmes.

Pour la communauté, des changements profonds devront s’opérer pour libérer la femme du joug
social, permettant le renforcement de son pouvoir de décision, la pleine jouissance de tous ses droits.
Elle devra pouvoir utiliser librement les méthodes contraceptives de son choix, décider librement du
nombre d’enfants.

Des mesures d’accompagnement devront être prises pour lever toutes les barrières socioculturelles
et religieuses pouvant compromettre les acquis dans la promotion du statut de la femme.

« Inspirer le changement » c’est quand la mère ne va plus « mourir en donnant la vie », c’est
quand les nouveau-nés ne seront plus privés de leurs mères à la naissance », c’est quand il n’y aura
plus de grossesses non désirées, quand tous les accouchements se dérouleront sans risques et dans la
joie », c’est quand les maris accompagneront leurs épouses à leur consultations pour la planification
familiale, c’est quand toute la communauté sera convaincue des avantages de la PF.

ACTION PERTINENTE DANS LA LUTTE POUR L’EGALITE DES FEMMES

Le renforcement des capacités en matière de plaidoyer et de leadership de Femmes Leaders de
six pays de l’Afrique de l’ouest et du centre (Bénin, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo) pour
l’amélioration de la santé de la reproduction et de la planification familiale a été une action exaltante
dans la promotion du statut de la femme. Les pays ont élaborés des plans d’action visant le
renforcement du pouvoir de la femme, à travers l’utilisation de la Planification familiale.

le Plaidoyer, porté au plus haut niveau des instances de décision (Présidents de République,
d’Assemblée Nationale, Premiers Ministres, Ministres, etc.), dans une quinzaine de pays africains pour
la lutte contre la discrimination et la stigmatisation, surtout à l’égard des femmes PVVIH, et pour
l’adoption de lois nationales sur la Santé de la reproduction et de lois nationales sur le VIH/SIDA,
mettant l’accent sur les droits des femmes et des filles, a été déterminant. Ce plaidoyer a permis
l’adoption de lois nationales sur la SR et de lois nationales sur le VIH/SIDA, en tenant compte des
aspects liés au Genre et aux Droits Humains au Bénin, au Burkina Faso, en République de Guinée, en
Guinée Bissau, au Mali, en Mauritanie, au Libéria, au Niger, au Sénégal, en Sierra Leone, au Tchad et
au Togo.

FEMME QUI M’A INSPIRE

Le Professeur Ndioro Ndiaye est une femme qui m’a beaucoup fascinée, d’abord en tant
que médecin et l’une des deux premières africaines ayant reçue l’agrégation de médecine.
Cette vocation de rester au chevet des malades m’inspire beaucoup d’admiration et de respect.
Ayant été Ministre du Développement Social, Ministre Délégué auprès du Président de la
République, chargée de la Condition de la Femme et de l’Enfant, puis Ministre de la Femme,
de l’Enfant et de la Famille, elle a beaucoup oeuvré pour la promotion de la femme au
Sénégal.

Son humilité, son engagement et sa détermination pour la cause de la femme, sa
générosité dans son savoir, son leadership dans le plaidoyer font d’elle une « inspiring
woman ». Elle croit fermement au leadership féminin. Dans le cadre du Conflit de la
Casamance, elle dira que « Elles sont au coeur des initiatives de paix. Le conflit casamançais
va se régler avec les femmes’’.

En tant que Présidente de L’Alliance pour la Migration, le Leadership et le Développement
(AMLD), elle a initié plusieurs formations relatives au « Genre et Sécurité » auxquelles j’ai été associée.

Elle vient d’être nommée récemment à la tête du Réseau francophone en faveur de
l’égalité femme-homme, mis en place le 25 octobre dernier par le secrétaire général de
l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), M. Abdou Diouf.

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